Jean-Baptiste Chassignet

Le Mépris de la vie et consolation contre la mort, 1594



Qu’est-ce de votre vie ? une bouteille molle
Qui s’enfle dessus l’eau, quand le ciel fait pleuvoir
Et se perd aussitôt comme elle se fait voir,
S’entre-brisant à l’heurt d’une moindre bricole :
 
Qu’est-ce de votre vie ? un mensonge frivole
Qui sous ombre du vrai nous vient à décevoir,
Un songe qui n’a plus ni force, ni pouvoir,
Lors que l’œil au réveil sa paupière décolle :
 
Qu’est-ce de votre vie ? un tourbillon rouant
De fumière à flot gris, parmi l’air se jouant,
Qui passe plus soudain que foudre meurtrière.
 
Puis vous négligerez dorénavant le bien
Durable, et permanent, pour un point, qui n’est rien
Qu’une confle, un mensonge, un songe, une fumière.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 29 avril 2014 à 11h22

Décontraction
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Le corps enveloppé dans une ivresse molle,
Chassignet, bien paisible, écoute l’eau pleuvoir,
Décrivant dans ses vers les bulles qu’il peut voir ;
C’est le simple bonheur d’un auteur qui  bricole.

Il pourrait raconter des mensonges frivoles,
Des fables, des récits faits pour nous décevoir ;
Il préfère augmenter des hommes le savoir
Et songe sagement, cependant qu’il picole.

Il ne nous charme point en nous amadouant,
Mais en nous alarmant, mais en nous secouant,
Nous tirant du sommeil, nous donnant la lumière.

Chassignet, de ta vie au service du bien,
Je suis sûr qu’à la fin tu ne regrettas rien,
Et qu’on te vit sourire, à ton heure dernière.

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Déposé par Cochonfucius le 8 octobre 2016 à 17h38

Ambidraig
--------------

C’est le monstre Ambidraig, il a les pattes molles ;
En les levant au ciel, il sait s’il va pleuvoir.
Il gîte dans un antre où nul ne peut le voir,
Empli de vieux objets que, le soir, il bricole.

Il ne se permet pas de lectures frivoles,
Il n’écrit pas non plus, craignant de décevoir
Ses lecteurs, s’ils étaient en quête de savoir,
Mais ne dédaigne pas les lieux où l’on picole.

Parfois, dans la rivière, on le voit s’ébrouant :
L’eau charge sa moustache, il la va secouant,
Les gouttes de cristal sautent dans la lumière.

Ce monstre ne connaît ni le mal, ni le bien,
Il lit un moraliste, et ça ne lui fait rien :
Il retourne à l’auberge, et commande une bière.

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Déposé par Cochonfucius le 19 mars 2024 à 12h13

Planète amorphe
------------------

Ma substance est quelque peu molle,
Qu’on voit faiblement se mouvoir ;
Je suis maudite, on peut le voir,
Plus gluante qu’un pot de colle.

Si j’en parle d’un ton frivole,
C’est pour tromper mon désespoir ;
Cette chose est en mon pouvoir,
Car on me l’apprit  à l’école.

Ces gens qui leurs dieux vont louant
Et leurs chapelets secouant,
Je dis qu’ils sont de la poussière.

Poussière ou colle, tout est bien,
Que ce soit quelque chose, ou rien ;
L’apôtre en chef est une pierre.

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Déposé par Xi’an le 19 mars 2024 à 17h08

    Caisse de notre vie,
    Misérable mallette,
    Toute en bois de palette
Pour complaire à l’écologie.

    Pas très joli-joli.
    Mais faisons place nette,
    Au cœur de la planète
Gagnons notre dernier logis.

    “Quand ce sera mon tour,
    Qu’on me lègue aux vautours”,
Avait ce quidam stipulé.

    Mais on l’a recalé
    D’être ainsi emballé
En bec : l’était pas assez bio :-(

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Déposé par Jadis le 23 mars 2024 à 15h54

À ma miss

Je me sens tout flapi, ma conscience est molle,
Tandis que je barbote au fond d’un abreuvoir
Où l’on m’a suggéré d’aller me faire voir ;
J’y ai gagné la crève et chopé la pécole.

Ah, j’aimais mieux pourtant jouer à pigeon vole
Avec ma déité, laissez-moi la revoir !
Elle, dont le profil a su tant m’émouvoir
Comme Napoléon le fit au pont d’Arcole.

Elle évoque pour moi Jeanne d’Arc à Rouen,
L’amante préférée du sultan d’Anjouan,
Ou Louise Michel et la classe ouvrière.

Car ma Napolitaine est forte, elle a du chien,
Et, dans ses doigts brûlants, la rose qu’elle tient,
Le poète l’a dit, c’est la rose trémière.

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Déposé par Cochonfucius le 3 juin 2025 à 13h46

Sainte Bouteille
-------

Je te verse une boisson folle,
Tu ne dois pas t’en émouvoir ;
Cette couleur est belle à voir,
Elle est du bonheur le symbole.

Ne crains donc rien, buveur frivole,
Et place en moi tout ton espoir ;
Je t’accorderai le pouvoir
Avec un généreux pactole.

Un vieux poète en me louant
Va du langage se jouant ;
Son corps bientôt  sera poussière.

Buvons un coup, ça fait du bien,
En tous les cas, c’est mieux que rien,
Buvons cette liqueur princière.

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