Chaulieu

(1639-1720)

Un autrе pоèmе :

Lеs Élоgеs dе lа viе сhаmpêtrе

 

 

Chaulieu


Apologie de l’Inconstance

Ode


Loin de la route ordinaire,
Et du pays des romans,
Je chante aux bords de Cythère
Les seuls volages amants,
Et viens avec confiance
Annoncer la vérité,
Des charmes de l’inconstance
Et de l’infidélité.
 
Fuyez donc, Pasteurs fidèles,
Qui sur le ton langoureux
Verrez radoter vos belles,
Plus indolents qu’amoureux ;
Venez, troupe libertine
De fripponnes, de frippons,
À ma lyre qui badine
Inspirer de nouveaux sons.
 
Vous seuls faites la puissance
De l’empire de l’Amour ;
Sans vous déjà la constance
Aurait dépeuplé sa cour;
Et si la fripponnerie
N’y mêlait son enjouement,
Bientôt la galanterie
Deviendrait un Sacrement.
 
Que servirait l’art de plaire
Sans le plaisir de changer ?
Et que peut-on dire ou faire
Toujours au même Berger ?
Pour les beautés infidèles
Fut fait le don de charmer,
Et ce ne fut que pour elles
Qu’Ovide fit l’Art d’aimer.
 
Lorsque l’on voit Cythérée
Des voûtes du firmament
Sortir brillante & parée,
Est-ce pour Mars seulement ?
Non, la volage déesse,
Lasse des amours des dieux,
Cherche en l’ardeur qui la presse
Adonis dans ces bas lieux.
 
Si Nature, mère sage
De tous ces êtres divers,
Dans ses goûts n’était volage,
Que deviendrait l’univers ?
La plus tendre tourterelle
Change d’amour en un an,
Et le coq le plus fidèle
De cent poules est l’amant.
 
La beauté qui vous fit naître,
Amour, change en un moment ;
Pourquoi voudriez-vous être
Moins sujet au changement ?
C’est à l’éclat de la rose
Vouloir la solidité,
Et toujours même beauté
Qu’au moment qu’elle est éclose.
 
Un arc, des traits & des ailes
Qu’on t’a donné sagement,
Du dieu des amours nouvelles
Est le fatal ornement.
Qui, voyant cet équipage,
Ne croira facilement
Qu’il ne faut pas qu’on s’engage
D’aimer éternellement ?
 
Aimons donc, changeons sans cesse ;
Chaque jour nouveaux désirs ;
C’est assez que la tendresse
Dure autant que les plaisirs.
Dieux ! ce soir qu’Iris est belle !
Son cœur, dit-elle, est à moi,
Passons la nuit avec elle,
Et comptons peu sur sa foi.
 

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