André Mage de Fiefmelin



 
Heureux port où j’aspire en ce bas navigage,
Mon Nord, ma Tramontane, et saint phare des Saints,
Doux vent de ma nacelle errant ès flots mondains,
Seule fin de ma vie au terrestre voyage :
 
Mon bien, mon heur, mon tout, mon Dieu que mon langage
Ne put bien exprimer en ses termes humains,
Tu es le seul que j’aime, honore, sens et crains :
Et ne ferai jamais à d’autres Dieux hommage.
 
Le temps qui tout nous ôte et l’oubli, et le sort,
L’ennui, l’impatience, et le mal, et la mort
N’ôteront de mon cœur ton amour et ta crainte.
 
La mer sera sans eaux, le soleil sans clarté,
Sans ténèbres les nuits, et sans chaleur l’Été
Devant que d’autre Saint mon âme soit atteinte.
 



Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 8 octobre 2015 à 11h21

Trois tiges de sable
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Trois tiges surgissant dans un monde sauvage
Forment dans le décor un symbole incertain ;
Sont-ce trois mâts de nef sur l’océan lointain,
Partant pour un paisible et surprenant voyage,

Ou bien, serait-ce un code, un ténébreux langage
Inventé par un sage et facétieux humain,
Un noir signe tracé sur de blancs parchemins
Pour rendre à la noblesse un éternel hommage ?

Un talisman idoine à conjurer le sort,
Un mot pour se nommer, au mépris de la mort,
Un paraphe établi pour effacer la crainte ?

De l’emblème sacré devinant la clarté,
Le rhapsode lui trouve un air de vérité
Dont son âme d’esthète est plaisamment atteinte.

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Déposé par Cochonfucius le 24 mars 2019 à 12h54

Alpha Camelopardalis
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L’étoile est escortée de planètes sauvages
Aux chétifs habitants, de leur sort incertains ;
Je ne sais presque rien de ces astres lointains,
Mais se rendre auprès d’eux serait un beau voyage.

Pline a dit qu’on y parle un ténébreux langage
N’ayant aucun rapport avec ceux des humains ;
Il écrivit cela sur un long parchemin,
Ce savant de jadis auquel je rends hommage.

La troisième planète a des jeteurs de sorts
Auprès des vieux tombeaux disant «Debout les morts»,
Le prêtre de ces lieux les contemple avec crainte.

L’étoile au long du jour diffuse sa clarté
Dont ils sont, tous ces morts, un peu réconfortés :
Les sorts à leur repos ne portent plus atteinte.

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Déposé par Cochonfucius le 26 octobre 2021 à 12h27

Monstre vénérable
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Très bizarre d’aspect mais pas vraiment sauvage,
Il semble accommodant, mais ce n’est pas certain ;
Il arpente le fond des océans lointains,
Sans pourtant se lancer vraiment dans un voyage.

Il raconte sa vie en un obscur langage
À chaque fois qu’il peut rencontrer des humains ;
Car il aime avec eux faire un bout de chemin
Sans jamais se charger d’inutiles bagages.

Il affirme qu’il est satisfait de son sort,
Rien ne lui a jamais demandé trop d’efforts ;
Nul ne lui imposa de charge ni d’astreinte.

Aimant des fonds marins la subtile clarté,
Il pense qu’il ne va jamais les déserter,
Car en ces profondeurs il peut vivre sans crainte.

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Déposé par Cochonfucius le 8 novembre 2022 à 11h39

Epsilon Camelopardalis
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La sixième planète abrite un très vieux mage,
Lequel, sur ses vieux jours, devient un plaisantin ;
Il fut moine, pourtant, dans un passé lointain,
Mais il s’est défroqué, ce qui n’est pas dommage.

Il aime déchiffrer de multiples langages,
Mais les plus amusants sont bien ceux des humains ;
La plupart ont perdu leur sagesse en chemin,
Un délire étonnant désormais s’en dégage.

Sa planète est jolie, mais c’est un astre mort,
Ce savant reste seul avec son athanor ;
Il tâche de gérer des ressources restreintes.

Son étoile toujours lui donne sa clarté,
Donc, il se dit qu’il n’est pas temps de déserter ;
Il voit venir sa fin, sans éprouver de crainte.

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Déposé par Cochonfucius le 9 février 2023 à 21h25

Ancre soluble
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La mer me dissout, c’est dommage,
Mon auteur fut un un plaisantin ;
Il venait d’un pays lointain,
Lui qui se prenait pour un mage.

Il parlait un obscur langage,
Ça n’avait presque rien d’humain ;
Il traînait au long des chemins
De lourds et encombrants bagages.

Il bavardait avec les morts
Auprès d’un rustique athanor ;
J’ai même observé des étreintes.

Moi qui n’ai point d’utilité,
J’ai bien envie de déserter ;
Rester sur le pont, ça m’éreinte.

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