Paul Fort

La Tristesse de l’homme, 1910


Le Dit du pauvre vieux

Quand le froid vient me saisir, je me mets à réfléchir.

 

Dans les jours de ma jeunesse, l’été je fauchais le foin,

 

l’automne je battais le grain, l’hiver je chauffais mes mains.

 

Je n’ai pas dans ma vieillesse, même un chien qui me caresse

 

et me chauffe un peu les mains de sa langue de bon chien.

 

Décembre, toujours décembre. Jamais de feu dans la chambre.

 

Las ! tous les boutons des portes me sont de glace. Mais qu’importe !

 

Tous les cœurs me sont de glace. Alors je passe, je passe...

 

Si je rentre ou si je sors, c’est toujours le même sort.

 

Mes yeux sont tournés vers l’ombre et dehors je ne rencontre

 

sur la route que des chagrins, dans les bois que des tourments

 

même au souffle du printemps. Je rentre et, croisant les mains,

 

je m’assieds, j’attends un brin que je sente couler mes larmes.

 

Je chauffe mes mains à mes larmes, puis tâtant cherche mon pain,

 

puis le froid me ressaisit. Je tombe. Je réfléchis.


Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 9 juin 2014 à 12h03

Sérénité du grand âge
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Âgé, je prends le loisir,
Quand il faut, de réfléchir ;

Car, dans la folle jeunesse,
Souvent  il faut qu’on se presse,

Que l’on coure les chemins
Et qu’on active ses mains,

Mais la paisible vieillesse
S’autorise la paresse.

Sans hâte sont les trajets,
Sans ambition, les projets.

Dans les bois, au bord des routes,
Tous ces oiseaux que j’écoute

M’offrent (généreux qu’ils sont)
Quelques mots pour mes chansons ;

Je me connecte à la Toile
Et bientôt vous les dévoile :

C’est mon quotidien plaisir
Que l’on voit s’y réfléchir.

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Déposé par domahe le 9 juin 2014 à 17h46


N’attends pas ta vieillesse
Pour penser et flâner

Et prends du bon côté
Les chemins de traverse

Où qu’ils te mèneront
Tu les auras choisis

Cela vaut mieux que hâtes
Et lauriers couronnés

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