Adrian de Gadou



Ô (entre tous les lits) heureuse, et digne couche,
Qui as cette faveur de, nue, soutenir
Celle dont la beauté ne peut appartenir
Sinon à qui le ciel de don suprême attouche,
 
Puisqu’espérer ne puis qu’avec elle je couche,
Je baiserai (du moins) ces lieux, en souvenir,
Que ma dame y voulut ses beaux membres tenir :
Ici la blanche cuisse, ici avait la bouche :
 
En mémoire de quoi, je supplie aux grands dieux
Être de te garder (heureux lit) curieux :
Ne périsse de toi plume, toile, ou courtine :
 
La belle y puisse, encor, cent ans prendre repos,
Sans casser, ou vieillir, son corps sain, et dispos :
Et ne couche homme en toi qui d’elle ne soit digne.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 10 mars 2014 à 10h56

Soir de printemps
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Marchant près du canal, quand le soleil se couche
Et qu’il ne daigne plus aux cieux se soutenir,
Je pense aux faits du jour que je veux retenir
Selon qu’ils ont du sens, et selon qu’ils me touchent.

Si cette promenade en taverne débouche,
C’est que j’ai dans ces lieux d’excellents souvenirs
Qui naturellement me font là revenir ;
Et puis, on y entend parfois du jazz manouche.

En ce soir de printemps, buveurs jeunes et vieux
Croient être dans un monde où tout va pour le mieux,
Comme s’ils retrouvaient leur âme estudiantine.

Après boire, ils prendront un vrai temps de repos,
Pour être, demain soir, des buveurs bien dispos ;
Il est un âge où l’on ne craint plus la routine.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 22 novembre 2016 à 17h10

Nef rapiécée
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Au large de la côte, où le soleil se couche,
On la voit prendre un cap et longtemps le tenir ;
Les terriens dans le port n’ont pu la retenir,
Elle veut voir les eaux qui à l’horizon touchent.

La route maritime en d’autres lieux débouche,
Dont nul navigateur ne garde souvenir ;
Aussi ne sont-ils pas certains d’y revenir,
Mais tel est leur destin, nul ne s’en effarouche.

En ce soir assombri, marins jeunes et vieux
Sur le pont du vaisseau s’activent de leur mieux;
À leur table ils auront, ce soir, des langoustines.

Au grand large, ils n’auront pas souvent de repos,
Mais resteront pourtant des marins bien dispos,
Le corps entretenu par la saine routine.

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