Albert Glatigny

in Le Parnasse contemporain, 1871


Ballade des Enfants sans souci


 
Ils vont pieds nus le plus souvent. L’hiver
Met à leurs doigts des mitaines d’onglée.
Le soir, hélas ! ils soupent du grand air,
Et sur leur front la bise échevelée
Gronde, pareille au bruit d’une mêlée,
À peine un peu leur sort est adouci
Quand avril fuit la terre consolée.
Ayez pitié des Enfants sans souci.
 
Ils n’ont sur eux que le manteau du ver,
Quand les frissons de la voûte étoilée
Font tressaillir et briller leur œil clair.
Par la montagne abrupte et la vallée,
Ils vont, ils vont ! À leur troupe affolée
Chacun répond : « Vous n’êtes pas d’ici,
Prenez ailleurs, oiseaux, votre volée. »
Ayez pitié des Enfants sans souci.
 
Un froid de mort fait dans leur pauvre chair
Glacer le sang, et leur veine est gelée.
Les cœurs pour eux se cuirassent de fer.
Le trépas vient. Ils vont sans mausolée
Pourrir au coin d’un champ ou d’une allée,
Et les corbeaux mangent leur corps transi
Que lavera la froide giboulée.
Ayez pitié des Enfants sans souci.
 
 

Envoi


 
Pour cette vie effroyable, filée
De mal, de peine, ils te disent : Merci !
Muse, comme eux, avec eux, exilée,
Ayez pitié des Enfants sans souci !
 

Commentaire (s)
Déposé par JACQUES FOURNIER le 27 octobre 2020 à 08h14

Bonjour
La Ballade des enfants sans souci d’Alfred Glatigny n’est pas extraite de Gilles et Pasquins, mais a paru dans le vol.II du Parnasse contemporain, éd. Lemerre, juillet 1871.
Cette ballade ne fut reprise dans aucun des trois recueils de Glatigny, réunis sous le titre Oeuvres d’AG, à titre posthume par Anatole France en 1879.
Bien à vous

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Gardeur de canards le 27 octobre 2020 à 16h29

Bonjour,

Merci ! C’est corrigé.

Cordialement, CT

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