Jacques Gohory


Chanson d’Arlang


 
Arlang, par foi, travaux et larmes,
Tira tels assauts et alarmes
À Clio, qu’il sut de son cœur,
Par temps, amollir la rigueur.
 
Et qui eut été la cruelle,
Voyant mourir l’ami fidèle,
Qui sa vie n’eut racheté,
Fut-ce au prix de sa chasteté ?
 
Ce fut au secret cabinet
D’un délicieux jardinet,
Qui côtoyoit un clair ruisseau
D’une vive et argentine eau.
 
D’autre côté, le vert bocage
Le couvrait de son frais ombrage,
Dont les oiseaux, au bruit et son
De l’onde, accordaient leur chanson.
 
La terre était là, par fleur mainte,
D’odeur pleine et de couleur peinte ;
Mais tout effaçait une rose
Qui par Amour y fut enclose.
 
Arlang trouva Clio, s’amie,
Sur l’herbette mal endormie,
De qui ses yeux tant se repurent,
Que du tout éblouis en furent.
 
Elle tirait soupirs divers,
Témoins de ses désirs couverts,
Et dormait, réclamant parfois,
Arlang, Arlang, de faible voix.
 
Ce mot le fait à terre fondre,
Où d’un baiser lui va répondre,
Découvrant sa blanche poitrine,
D’où sortit une odeur divine.
 
Son beau sein doucement ondoie,
Comme au rivage la mer coie,
Comme ondoie un champ de haut blé,
Par le vent battu et soufflé.
 
Clio s’éveille au baiser prendre,
Qui n’est pas ingrate à le rendre,
Entrouvrant l’œil dont elle voit
Celui à qui elle le doit.
 
Tandis que la vermeille bouche
Des amants l’une et l’autre touche,
Les esprits sont confus ensemble,
Tant corps de près à corps s’assemble.
 
Les deux âmes ne sont plus qu’une,
Spirant une haleine commune,
Et sont, par union d’esprits,
Les membres de fureur épris.
 
Vrais amoureux, seuls vous savez,
Qui de ce miel goûté avez,
Comme une double volonté
S’unit confite en volupté.
 
Vénus, de qui tiens ma victoire,
Pour en consacrer la mémoire,
Je pends à l’autel de ton temple
Un cœur jumeau, des deux exemple.
 

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