Hugo

Les Quatre Vents de l’esprit, 1881


Promenades dans les rochers — III


 
Le soleil déclinait ; le soir prompt à le suivre
Brunissait l’horizon ; sur la pierre d’un champ
Un vieillard, qui n’a plus que peu de temps à vivre,
S’était assis pensif, tourné vers le couchant.
 
C’était un vieux pasteur, berger dans la montagne,
Qui jadis, jeune et pauvre, heureux, libre et sans lois,
À l’heure où le mont fuit sous l’ombre qui le gagne,
Faisait gaîment chanter sa flûte dans les bois.
 
Maintenant riche et vieux, l’âme du passé pleine,
D’une grande famille aïeul laborieux,
Tandis que ses troupeaux revenaient de la plaine,
Détaché de la terre, il contemplait les cieux.
 
Le jour qui va finir vaut le jour qui commence.
Le vieux pasteur rêvait sous cet azur si beau.
L’océan devant lui se prolongeait, immense
Comme l’espoir du juste aux portes du tombeau.
 
Ô moment solennel ! Les monts, la mer farouche,
Les vents, faisaient silence et cessaient leur clameur.
Le vieillard regardait le soleil qui se couche ;
Le soleil regardait le vieillard qui se meurt.
 

Passage, 5 août. 7 heures du soir.

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 19 juin 2016 à 16h56

Passager de la lune
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La lune va son train, cet homme aime la suivre,
Vaisseau monumental qui plane sur les champs,
C’est ainsi qu’il s’amuse et qu’il se laisse vivre,
Et puis il disparaît, la lune se couchant.

Par la suite, il surgit, à l’est de la montagne,
Toujours, de l’astronome, il respecte les lois,
Jamais il ne ressent que la torpeur le gagne,
Et l’astre le promène au-dessus des grands bois.

Ce paisible vieillard, l’âme d’errance pleine,
Infatigablement parcourt la voie des cieux ;
Et quand, minuit sonnant, il survole la plaine,
Il se souvient qu’il eut du plaisir en ces lieux.

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