Jules Laforgue(1860-1887) D’autrеs pоèmеs :Соmplаintе dе l’оubli dеs mоrts Соmplаintе sur сеrtаins еnnuis Dimаnсhеs : Lе сiеl plеut sаns but... оu еncоrе :Соmplаintе dе lа Lunе еn prоvinсе Diаlоguе аvаnt lеvеr dе lа Lunе Соmplаintе du pаuvrе Сhеvаliеr-Εrrаnt Sоnnеt : J’éсаrtе mоn ridеаu, ј’étоuffе un bâillеmеnt...
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Jules Laforgue
À Chevreuse presqu’au bout de la festonnante rue de Rambouillet — une bicoque neuve bâtie sur du vieux, toit de tuiles vermillon, murs minces et plâtrés. — Une chambre nue, carrée — basse — blanche — sans papier — carrelage carotte sale — l’encadrement armature poutre de la fenêtre sans saillies et nue, avec des bavures de badigeonnage blanc, pas de rideaux, des vitres salies, — les coins des plafonds nichant des araignées par places indiquées d’un gribouillage noir de fumée d’une chandelle les ayant dessinées ainsi le premier soir avant de se coucher.
Le soir par la fenêtre un ciel de violet assez grand deuil, piqué de deux brillants d’argent clignotant sur la même ligne dans l’écartement de deux yeux, juste en face ; et faisant tapisserie la faction, le corps de garde des sept peupliers hauts qui massés par la nuit étaient plus des cyprès noirs que des peupliers — le circuit était une traînée là-bas bruit de feuilles continu si égrené, détaché parfois qu’il semblait être plutôt le bruissement métallique mais éteint des grillons, puis redevenant si fondu qu’on opinait, décidément pour le frisement perpétuel des futaies sous le lancinement des brises diverses — oui, à preuve que ça devenait parfois presque la rumeur des sources lointaines — cet accompagnement seul et en bas des piaulements très doux méconnaissables des canards semblant ou rêver ou se bécoter. — le troupeau de moutons — le berger sifflotant.
Les moutons retardataires, restant ainsi, pour s’observer un instant
puis se pousser un coup, se battre de fronts, puis gambadant pour rattraper, capricant presque.
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