Jules Laforgue

Le Sanglot de la Terre (et autres premiers poèmes)


Méditation grisâtre


 
Sous le ciel pluvieux noyé de brumes sales,
Devant l’Océan blême, assis sur un îlot,
Seul, loin de tout, je songe, au clapotis du flot,
Dans le concert hurlant des mourantes rafales.
 
Crinière échevelée ainsi que des cavales,
Les vagues se tordant arrivent au galop
Et croulent à mes pieds avec de longs sanglots
Qu’emporte la tourmente aux haleines brutales.
 
Partout le grand ciel gris, le brouillard et la mer,
Rien que l’affolement des vents balayant l’air.
Plus d’heures, plus d’humains, et solitaire, morne,
 
Je reste là, perdu dans l’horizon lointain
Et songe que l’Espace est sans borne, sans borne,
Et que le Temps n’aura jamais... jamais de fin.
 

26 octobre 1880

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 10 juillet 2024 à 11h32

Loup gris
--------

Je n’ai pas une âme vassale,
Moi qui fais ma vie en solo ;
Le temps m’emporte dans son flot,
Le vent sur moi souffle en rafales.

J’ai pour amante une cavale
Qui vers moi rapplique au galop ;
Son ex est un vieux cachalot
Que lui a pris une rivale.

Je ne suis pas un loup de mer ;
Ma vie est terrestre, c’est clair,
Prosaïque sans être morne.

Parmi mes ancêtres lointains
Figurent des bêtes à cornes
Avec de jolis noms latins.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Jadis le 11 juillet 2024 à 10h28


Reddition sans combattre
----------

Faudra-t-il toujours fuir, tel Pompée à Pharsale,
Oublier nos exploits sur la terre et sur l’eau,
Les clairons d’Austerlitz, et ces fameux tableaux
Qui vantèrent jadis la France triomphale.

Pour oublier un peu mes douleurs gingivales,
Je revois Bir Hakeim,        la bataille d’Eylau,
Kellermann à Valmy, Surcouf à Saint-Malo,
Et les autres héros de ma terre natale.

Laissant vaguer Malraux parmi ses temples khmers,
Et à défaut de mieux, je lis Arthur Miller,
Quitte à le refermer pour jouer du cromorne.

Mais, lapant mon pastis, bien sûr à Saint-Quentin,
Je songe que l’Espoir hante encor nos bicornes
Et que le Daghestan nous emmerde à la fin.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 29 août 2024 à 11h41

Âne gris
----

Ma vie n(est pas originale,
Car je suis un être falot ;
Je me laisse aller dans le flot
De mon existence banale.

Je n’ai séduit nulle cavale
Je suis trop pris par mon boulot
Je ne me plains pas, c’est mon lot,
C’est ma pente que je dévale.

J’entends la rumeur de la mer,
C’est un son qui n’est pas amer ;
Cette mer n’est pas la Mer Morne.

Je vois des horizons lointains ;
Un berger souffle dans sa corne,
C’est sa prière du matin.

[Lien vers ce commentaire]

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