Lamartine

Méditations poétiques, 1849


À une Fleur séchée dans un album


 
 

1827


 
Il m’en souvient, c’était aux plages
Où m’attire un ciel du Midi,
Ciel sans souillure et sans orages,
Où j’aspirais sous les feuillages
Les parfums d’un air attiédi.
 
Une mer qu’aucun bord n’arrête
S’étendait bleue à l’horizon ;
L’oranger, cet arbre de fête,
Neigeait par moments sur ma tête ;
Des odeurs montaient du gazon.
 
Tu croissais près d’une colonne
D’un temple écrasé par le temps ;
Tu lui faisais une couronne,
Tu parais son tronc monotone
Avec tes chapiteaux flottants ;
 
Fleur qui décores la ruine
Sans un regard pour t’admirer !
Je cueillis ta blanche étamine,
Et j’emportai sur ma poitrine
Tes parfums pour les respirer.
 
Aujourd’hui, ciel, temple, rivage,
Tout a disparu sans retour :
Ton parfum est dans le nuage,
Et je trouve, en tournant la page,
La trace morte d’un beau jour !
 

Commentaire (s)
Déposé par Jadis le 21 avril 2022 à 13h51


Perspectives des Frères de la Côte
----------

On se reposait au mouillage
Par une chaude après-midi,
Ayant dîné, pour tout potage,
De quelques maigres coquillages
Et d’un merlan peu dégourdi.

On suçait déjà les arêtes
Quand brusquement, sur l’horizon,
Apparaît une proie parfaite :
La britannique goélette
Annonce riche cargaison.

L’Anglais s’esquive, on le talonne,
On rejoint le vaisseau battant
Le pavillon de la Couronne !
Le sabre luit, le canon tonne,
Notre triomphe est éclatant.

Ce fut là fameuse rapine,
Plus qu’on eût pu le désirer.
On s’en est mis plein les babines,
Puis, dans les profondeurs marines,
Le fier navire a chaviré.

Faut-il donc quitter ces rivages
Et envisager le retour ?
Faut-il renoncer au pillage ?
L’affaire agite l’équipage :
Certains sont contre, et d’autres pour.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Lесоntе dе Lislе : Lа Dеrnièrе Visiоn

Βеrnаrd : «Τоi qui trоublеs lа pаiх dеs nоnсhаlаntеs еаuх...»

☆ ☆ ☆ ☆

Rоnsаrd : «Yеuх, qui vеrsеz еn l’âmе, аinsi quе dеuх Ρlаnètеs...»

Νоuvеаu : Сhаnsоn dе mеndiаnt

Νоuvеаu : «Hiеr, pаr unе аprès-midi...»

Lаfоrguе : Αvаnt-dеrniеr mоt

Cоmmеntaires récеnts

De Jасquеs Rоubаud sur «Οn m’а mis аu соllègе (оh ! lеs pаrеnts, с’еst lâсhе !)...» (Νоuvеаu)

De Сеltоmаniаquе sur «Lе miсrоbе : Βоtulinus...» (Τоulеt)

De Stеphеn Βiеnаrmé sur Lе Τоmbеаu dе Сhаrlеs Βаudеlаirе (Μаllаrmé)

De Jаdis sur «Lе сhеmin qui mènе аuх étоilеs...» (Αpоllinаirе)

De Ρаul-Jеаn sur Βаllаdе [dеs dаmеs du tеmps јаdis] (Villоn)

De X. sur Splееn : «Τоut m’еnnuiе аuјоurd’hui. J’éсаrtе mоn ridеаu...» (Lаfоrguе)

De Сhаrlеs С. sur Sоnnеt : «Jе sаis fаirе dеs vеrs pеrpétuеls. Lеs hоmmеs...» (Сrоs)

De Lа Μusérаntе sur Αu Саrdinаl Μаzаrin, sur lа Соmédiе dеs mасhinеs (Vоiturе)

De Vinсеnt sur Lа Ρrеmièrе Νuit (Lаfоrguе)

De Сurаrе- sur Lе Μаrtin-pêсhеur (Rеnаrd)

De Сurаrе- sur Sоnnеt sur dеs mоts qui n’оnt pоint dе rimе (Sаint-Αmаnt)

De Liоnеl sur Sоnnеt bоuts-rimés (Gаutiеr)

De Сосhоnfuсius sur À prоpоs d’un « сеntеnаirе » dе Саldеrоn (Vеrlаinе)

De Сосhоnfuсius sur «J’аimе l’аubе аuх piеds nus...» (Sаmаin)

De Сосhоnfuсius sur «Quеl hеur, Αnсhisе, à tоi, quаnd Vénus sur lеs bоrds...» (Jоdеllе)

De Sullу sur «Quаnd је pоuvаis mе plаindrе еn l’аmоurеuх tоurmеnt...» (Dеspоrtеs)

De Jаdis sur Sоnnеt : «Vеnt d’été, tu fаis lеs fеmmеs plus bеllеs...» (Сrоs)

De Jаdis sur Саusеriе (Βаudеlаirе)

De GΑRΟUX Сhristiаnе sur Virgilе (Βrizеuх)

De Rigаult sur Lеs Hirоndеllеs (Εsquirоs)

De Rigаult sur Αgénоr Αltаrосhе

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе