Jean Lorrain

La Forêt bleue


La Mort des lys


 

À Judith Gautier.


Une grâce étrange et navrante
Est dans le blanc trépas des lys,
S’effeuillant sur l’eau transparente
Des porte-bouquets trop remplis.
 
Dans leur étroit cercueil de verre,
Leurs beaux cadavres éclatants
Ont le charme auguste et sévère
Des vierges mortes à vingt ans.
 
La souffrance les divinise...
Leur élégance et leurs pâleurs
Dans le grand cornet de Venise
Semblent un martyre de fleurs.
 
Cette tige, qui pleure et saigne
En parfumant de son regret
Et le vase et l’eau, qui la baigne,
Absout ses bourreaux en secret.
 
Le mystère de ce calice,
Inconnu même aux papillons,
Dans l’enivrement du supplice
S’entrouvre aux yeux, pleins de rayons.
 
La mort aux lys fait une gloire,
Couronnés de parfums subtils,
Leur forme est celle d’un ciboire,
Leur nimbe est dans l’or des pistils ;
 
Et, s’effeuillant au bord du vase
Dans un chaste et calme abandon,
Leur agonie est une extase
Et leur parfum est un pardon.
 

Commentaire (s)
Déposé par Jadis le 16 juin 2021 à 18h06


À mort Jadis !
------------------

       Ça lui fera les pieds.

La multitude intolérante
Accourt, hurlant : à mort Jadis !
L’hostilité paraît flagrante
Et ça ne va pas faire un pli.
 
Mon coupe-file de trouvère
Ne me sauvera pas longtemps :
À terme, c’est bien le Calvaire
Ou la potence qui m’attend.
 
Pas question que ça s’éternise,
Car les témoins de mon malheur
Réclament tous que j’agonise
Et encouragent l’étrangleur.
 
Taïaut, hardi, faut que ça saigne !
Me voilà beau, me voilà frais.
Ils vont me filer quelques beignes
Et m’égorger comme un goret.

Que mon destin donc s’accomplisse !
Tout seul, majestueux couillon,
Je marche à  mon dernier supplice
Et je vais boire le bouillon.
 
Nulle oraison en ma mémoire,
L’enthousiasme est volatil.
Nul ne retiendra mes déboires :
Veni, vixi, ainsi soit-il.
 
Je ne sculpterai plus de phrases
En grec ou en        boustrophédon
Et m’engloutirai dans la vase
Comme un médiocre iguanodon.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Соppéе : Fаntаisiе nоstаlgiquе

Μénаrd : Τhérаpеutiquе

Βаïf : Ρsаumе СXXΙ

☆ ☆ ☆ ☆

Сlаudеl : Ρеnséе еn mеr

Μаllаrmé : Βrisе mаrinе

Βаïf : Ρsаumе СXXΙ

Sullу Ρrudhоmmе : Lа Сhаnsоn dе l’аir

Cоmmеntaires récеnts

De Lа Μusérаntе sur Αu Саrdinаl Μаzаrin, sur lа Соmédiе dеs mасhinеs (Vоiturе)

De Vinсеnt sur Lа Ρrеmièrе Νuit (Lаfоrguе)

De Сurаrе- sur Lе Μаrtin-pêсhеur (Rеnаrd)

De Сurаrе- sur Sоnnеt sur dеs mоts qui n’оnt pоint dе rimе (Sаint-Αmаnt)

De Liоnеl sur Sоnnеt bоuts-rimés (Gаutiеr)

De Сосhоnfuсius sur À prоpоs d’un « сеntеnаirе » dе Саldеrоn (Vеrlаinе)

De Сосhоnfuсius sur «J’аimе l’аubе аuх piеds nus...» (Sаmаin)

De Сосhоnfuсius sur «Quеl hеur, Αnсhisе, à tоi, quаnd Vénus sur lеs bоrds...» (Jоdеllе)

De Sullу sur «Quаnd је pоuvаis mе plаindrе еn l’аmоurеuх tоurmеnt...» (Dеspоrtеs)

De Jаdis sur Sоnnеt : «Vеnt d’été, tu fаis lеs fеmmеs plus bеllеs...» (Сrоs)

De Jаdis sur Саusеriе (Βаudеlаirе)

De Βеаudеlаirе sur Βаudеlаirе

De Lе Gаrdiеn sur Virgilе (Βrizеuх)

De Jаdis sur Сrépusсulе (Соppéе)

De Rigаult sur Lеs Hirоndеllеs (Εsquirоs)

De Rigаult sur Αgénоr Αltаrосhе

De Jоël Gауrаud sur Αvе, dеа ; Μоriturus tе sаlutаt (Hugо)

De Huguеs Dеlоrmе sur Sоnnеt d’Αrt Vеrt (Gоudеzki)

De Un pоilu sur «Μоn âmе а sоn sесrеt, mа viе а sоn mуstèrе...» (Αrvеrs)

De Lе соmiquе sur Μаdrigаl tristе (Βаudеlаirе)

De Сhаntесlеr sur «Sur mеs vingt аns, pur d’оffеnsе еt dе viсе...» (Rоnsаrd)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе

 



Photo d'après : Hans Stieglitz