François Mauriac

L’Adieu à l’adolescence, 1911


En ces jours de vacances tristes...


 
En ces jours de vacances tristes, je reviens
Dans la ville immuable et morne — dans la ville
Où furent des amis dont mon cœur se souvient.
 
Le jardin où joua mon enfance tranquille
Offre encore à mes pas ses tournantes allées.
Je reconnais l’odeur et le jour de ces rues,
Dans les temps de congés, si souvent parcourues.
Les vitrines où ma figure s’est collée
Et ce trottoir que j’ai remonté si souvent
Avec un ami mort dans sa vingtième année.
Je reconnais la voix de cette heure sonnée
Quand j’étais un enfant paresseux et rêvant,
Et qui mourait d’ennui sur les cours de licence.
 
Des mêmes camaïeus, la chambre se décore,
La voix y chante encor de mon adolescence,
Et dans la glace de la chambre tremble encore
Le sourire de ceux qui ne souriront plus...
Il y traîne les mêmes livres, souvent lus,
Il y a des brouillons de lettres commencées
Où j’expliquais à cet ami, mort aujourd’hui,
Mes jours pesants de solitude, — et mon ennui.
Et d’autres amitiés que j’avais délaissées
Y revivent dans de vieilles correspondances.
 
Ô chambre, où s’exalta ma grave adolescence,
Où pleura sa détresse et chanta son espoir,
Comme j’ai reconnu ton visage des soirs !
Ô toi qui m’attendais fidèle, dans l’ennui
Des printemps lourds, des durs étés, des hivers blêmes,
Tu retrouves enfin le même enfant — le même
Qui lisait tant de vers et pleurait dans la nuit !...
 

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