Hégésippe Moreau


Fable


 
« Que je suis bien sous mon ciel de cristal !
À me nourrir la terre est épuisée ;
À moi chaleur et lumière et rosée :
Certes, je suis un noble végétal ! »
Ainsi parlait maint cornichon sous verre :
Le jardinier passe, et, d’un ton sévère,
À ces vantards dit : « Taisez-vous, mes fils :
Un coup de vent peut briser votre cloche ;
Vous mûrissez, et le bocal approche ;
Encore un jour, et vous serez confits. »
 
Hélas ! hélas ! philosophe, astronome,
D’un ciel étroit coiffés, quand nous marchons,
Fiers et clamant : « L’homme est tout, gloire à l’homme ! »
Dieu tonne et dit : « Taisez-vous, cornichons ! »
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 9 octobre 2013 à 16h26


Endormis par sept boules de cristal,
Sept grands savants, toute force épuisée
Par la magie qui leur est imposée,
Sont retournés à l’état végétal.

Très loin de là, c’est un morceau de verre
Dont, pour allumer le bûcher sévère,
L’éclat de flamme au chaud soleil suffit,
Mais on perçoit quelque chose qui cloche :
Dévorant l’astre, un monstre noir s’approche,
Porteur d’angoisse et porteur de défi.

C’est un truc bien connu des astronomes ;
En le lisant, bon public, nous marchons.
Plus loin encore, on voit errer deux hommes,
Deux policiers (plutôt, deux cornichons).

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Déposé par Jadis le 6 août 2021 à 14h48


Accoudé, morne, au comptoir de métal,
Ayant sifflé sa liqueur anisée,
Il exhalait sa complainte, causée
Par le néant indécent et total
Qui menaçait ses glandes salivaires :        
Rien là qui pût soulager son calvaire,
Ni saucisson, ni pâté, ni confit.
Pas même, hélas, pour se taper la cloche,
Quelque croissant, quelque bout de brioche
Dont il eût fait aisément son profit.
 
Mais, par bonheur pour notre gastronome,
Si le menu n’était pas folichon,
Il subsistait un sandwich à la gomme
Agrémenté d’un demi-cornichon.

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