Juste Olivier

(1807-1876)

D’autrеs pоèmеs :

Ρrоmеnаdе

Lе Lémаn

 

 

Juste Olivier

Les Deux Voix, 1835


La Journée au village


 
Nous avons, au matin, l’alouette joyeuse,
Qui jette dans les airs sa note harmonieuse ;
Le silence au village, au lointain les moissons,
Où le rire éclatant remplace les chansons.
Midi ramène à l’ombre, à la table rustique,
Des moissonneurs lassés la troupe domestique ;
Et le grillon tout seul, de cris rauques, voilés,
Remplace le doux chant des oiseaux envolés.
Sur les andains déserts passent les sauterelles ;
Le lézard palpitant s’endort sous les javelles ;
La fleur penche sa tête et regrette en secret
Et le svelte froment et l’abri qu’il prêtait.
Puis, comme un bien-aimé, le soir enfin arrive,
Ranimant d’un regard la nature plaintive.
Alors, tout est parfum, sourire, enchantement ;
Alors, le cœur s’épanche en long ravissement.
Sur le hanc qui s’adosse à la maison chérie,
On suit confusément sa molle rêverie,
Au murmure de l’eau, tombant dans le bassin,
Fière de l’arbre vert qui se mire en son sein ;
Au caquet des poussins qui par-là vont et viennent ;
Aux joyeuses clameurs des vaches qui reviennent.
Les chars de blé pesants roulent à grand fracas
Au chemin sans pavé ; le laboureur, bien las,
Mais le cœur réjoui de sa simple richesse,
Suit, avec son enfant que le vieux chien caresse.
Les portes des maisons s’ouvrent à tout moment.
La causerie en sort à long épanchement.
On conte son labeur, et la riche couronne
Dont la terre a payé les sueurs qu’on lui donne.
On secoue un instant le poids pesant du jour.
Le pauvre journalier se repose à son tour.
Oh combien de pensers doux, profonds, insondables,
Jettent sur nos esprits leurs ombres variables !
Comme un nuage rose, en flacons vaporeux,
La vie alors sans bruit passe devant les yeux.
 

Eysins, 1835.

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