Cécile Périn

(1877-1959)

D’autrеs pоèmеs :

Dаns lе lаbуrinthе

Αubе

 

 

Cécile Périn

in Les Muses françaises, 1909


Le Lien


 
Accoudés au balcon, nous rêvons. Et le soir
Du grand mystère astral frêlement étincelle.
L’ombre glisse. Et c’est à peine si l’on peut voir
Scintiller la pensée au fond de nos prunelles.
Nous rêvons, accoudés au balcon. C’est le soir.
 
Le temps s’est effeuillé sur notre destinée
Lentement, desserrant l’étreinte de nos doigts.
Mes mains sont dans tes mains sans le savoir restées ;
Pensifs, les souvenirs ouatèrent l’émoi
Si frémissant jadis de notre destinée.
 
Est-ce triste ? Est-ce doux ou terrible ? On ne sait.
Et qu’importe d’ailleurs ? C’est l’heure engourdissante
Où les vibrants désirs fondent dans une paix
Immense, où, las de lutte et de souffrance ardente,
Les cœurs battent sans bruit... Est-ce triste ? On ne sait.
 
Nos cœurs battaient sans bruit... Mais voici que sursaute
Au profond du silence, inexplicable, un cri.
N’as-tu pas entendu ? Dans la chambre, à voix haute,
Notre enfant, tout à coup, n’a-t-elle pas gémi ?
Écoute... Dans nos cœurs l’anxiété sursaute.
 
Nous nous dressons, nous nous penchons... Elle rêvait,
La fillette mystérieuse qui relie
Du lien tout-puissant et doux de ses bras frais
Ma pensée à la tienne et la vie à nos vies.
À présent, elle dort, très calme... Elle rêvait.
 
Accoudés au lit blanc où, frêle, elle repose,
Nous avons resserré nos mains, tout frémissants
D’avoir eu peur si fort, tous les deux, et sans cause
Et d’avoir tout à coup pour un rêve d’enfant
Senti vivre la nuit où notre amour repose...
 

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