Claudius Popelin

Un livre de sonnets, 1888


Les Cerises


 
Je reconnais l’endroit, les deux chemins croisés,
Les bouleaux agités toujours aux mêmes brises,
Les simples parfumant de leurs senteurs exquises
Les rives des ruisseaux qui coulent irisés.
 
Voici l’herbe moussue et les cantons boisés :
C’est ici que, rieuse, en mangeant des cerises,
Elle envoyait bondir sur les écorces grises
Les noyaux qui glissaient entre ses doigts rosés.
 
Qu’est-elle devenue ? Elle dort sous un marbre.
Rien n’est ici changé ; non, rien ; mais plus d’un arbre
S’est élancé vivant des noyaux rejetés,
 
Et des essaims d’oiseaux, promenant leurs ravages,
Plus nombreux chaque fois, depuis bien des étés,
Y viennent picorer des cerises sauvages.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 16 juin 2015 à 13h46

Le troll des cerises
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Près de l’arbre, il n’a pas, ce troll, les bras croisés ;
Une odeur de fruits mûrs lui parvint, par la brise,
Il a suivi l’appel de la senteur exquise
Au long des frais sentiers par l’aurore irisés.

Invisible, il se tient dans ce secteur boisé ;
Or, nous le chanterons, c’est le troll des cerises,
De leur chair délicate il se gave ; il se grise
D’un jus plus enivrant qu’un petit vin rosé.

Les trolls vont-ils dormir, à la fin, sous un marbre ?
Sûr qu’on mettra le sien pas trop loin de son arbre :
Ce raisonnable voeu, qui le peut rejeter ?

Le cerisier sourit au petit troll sauvage
Auquel il doit, bien sûr, pardonner ses ravages,
Un troll a de si beaux récits à raconter !

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