Alexandre Privat d’Anglemont

Paris inconnu (?)


À Madame Joséphine de Fer...


 
La Muse est de retour, la campagne s’allume ;
Partez, ma fantaisie, errez parmi les prés.
Voici le soleil d’or et les cieux sidérés ;
La nature s’éveille, et le bois se parfume.
 
Le printemps, jeune oiseau, vêt sa première plume ;
Avril vient, en chantant dans les prés diaprés,
Ouvrir sous un baiser les bourgeons empourprés,
Et la terre en moiteur s’enveloppe de brume.
 
Le printemps engloutit la neige et les chagrins,
Et dispense à chacun des jours purs et sereins.
Vous, dont les rigueurs font que sur ma tête il neige,
 
N’êtes-vous pas d’avis, belle, qui dès longtemps
De me faire mourir avez le privilège,
Qu’il serait sage et bon d’imiter le printemps ?
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 14 janvier 2017 à 13h35

Lune de la fauvette
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Dans le lointain cosmos, mille étoiles s’allument ;
Mais nul regard humain ne les vient admirer,
Nul faiseur de sonnets pour eux n’a soupiré ;
C’est à quelques oiseaux que la vie se résume.

La fauvette a posé son nid doublé de plumes
Au hasard d’une lune, en un lieu retiré ;
Par cette aridité, son coeur fut inspiré,
Ne regrettant jamais nos matinales brumes.

Au printemps, ses enfants sont nourris, grain par grain ;
On les entend jaser ainsi que des serins
Dans l’étrange atmosphère où jamais il ne neige,

Où nul être ne craint les caprices du temps.
Comment ai-je entendu ces oisillons chantants ?
Il me fallut user de puissants sortilèges.

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Déposé par Cochonfucius le 27 avril 2019 à 12h13

Amphibien phlogophile
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Il goûte son plaisir au brasier qui s’allume,
Celui qu’aucun humain n’est venu admirer ;
Du plaisir qu’il y prend je l’entends soupirer,
À ce bain flamboyant ses loisirs se résument.

Ce n’est pas un Phénix aux inflammables plumes,
À qui, par combustion, le souffle est retiré ;
C’est le Dieu-Salamandre aux propos inspirés,
Un ami de la flamme, et non pas de la brume.

Or, ce démon ardent ne mange point de grain ;
Jamais il ne sera nourri comme un serin,
Jamais il ne prendra de gibier dans un piège.

Il dévore le vide, il mange l’air du temps,
Tant de subtilités qu’il digère en chantant,
Cet habitant du feu, seigneur des sortilèges.

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Déposé par Cochonfucius le 26 mai 2024 à 11h41

Lampe éclairante
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La lampe magique s’allume,
Elle t’invite à l’admirer ;
Trois papillons sont attirés
Par ce fanal qui point ne fume.

L’encrier sourit à la plume,
Avec elle il veut conspirer ;
Ils vont ensemble délirer
Ainsi que le veut leur coutume.

Un démon sort d’un souterrain
Pour goûter cet éclat serein ;
Accordons-lui ce privilège.

Il écrit, pour passer le temps,
Des mots qui n’ont rien d’important ;
Il en compose un florilège.

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