Guillaume Du Sable

La Muse chasseresse, 1611



Le vieil proverbe dit que du moine et du prêtre
Aucun bien n’avez d’eux, sinon après leurs morts.
Belle comparaison d’iceux avec des porcs,
Car, tant qu’un pourceau vit, ne profite à son maître.
 
Quant au moine et au prêtre, assez le font connaître,
Lesquels n’ont autre dieu que leur ventre et leur corps,
Ces pourceaux avec eux feraient de bons accords,
Car sans le ventre plein un pourceau ne peut être.
 
Si je touche, en passant, quelque peu de leur vie,
Croyez que ce n’est point pour haine ou pour envie.
Aussi dirai-je d’eux, pour n’offenser chacun,
 
Que le prêtre, étant mort, son bien à ses hoirs laisse ;
Du pourceau vous avez lard, boudin, chair et graisse,
Mais du moine cloîtré n’attendez bien aucun.
 



Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 26 août 2022 à 11h05

Oiseau sans paradis
-------

Au paradis ne vit nul oiseau, dit le prêtre,
Tous vont en inframonde à l’heure de leur mort,
Retrouvant en ce lieu le démon Belphégor
Qui de tout volatile est le seigneur et maître.

Le moine, qui m’a l’air d’un peu mieux s’y connaître,
Prend alors la parole et dit son désaccord ;
Puisque de nos oiseaux sont purs l’âme et le corps,
Le bonheur éternel est fait pour eux, peut-être.

L’oiseau dit « Pour les morts, il n’est point de survie,
Un cadavre ne fait ni pitié ni envie ;
Disparaître à la fin, c’est le sort de chacun.

On tire le rideau quand le spectacle cesse,
Vers le vestiaire alors les spectateurs se pressent ;
La lumière s’éteint quand il n’en reste aucun.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 8 juin 2025 à 12h06


Oiseau phénoménal
--------

Cet oiseau plus digne qu’un prêtre
Juge les vivants et les morts ;
Il voit leur mérite et leurs torts,
Il arbitre, il décide en maître.

Il a l’air de bien s’y connaître,
Jamais nul n’est en désaccord ;
Pas plus les âmes que les corps,
Doux  comme s’ils venaient de naître.

Que leur importe la survie ?,
Plus rien ne peut leur faire envie,
La paix gagne tout un chacun.

Cet oiseau d’arbitrer ne cesse,
Mais nullement il ne se presse ;
Et de stress, il n’en montre aucun.

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