Louisa Siefert

Rayons perdus, 1868


Pantoum


 
Vraiment j’ai vingt ans révolus,
Ma première enfance est enfuie.
— Hélas ! les beaux jours ne sont plus,
C’est l’automne, voici la pluie.
 
Ma première enfance est enfuie,
Mes premiers muguets sont passés.
— C’est l’automne, voici la pluie,
Les nuages sont amassés.
 
Mes premiers muguets sont passés,
Mon aubépine est effeuillée.
— Les nuages sont amassés,
La prairie est toute mouillée.
 
Mon aubépine est effeuillée,
Et j’ai pleuré sur ses débris.
— La prairie est toute mouillée,
Plus de soleil, le ciel est gris.
 
Et j’ai pleuré sur ses débris.
Pourtant, ce n’était rien encore.
— Plus de soleil, le ciel est gris,
Le bois de rouge se colore.
 
Pourtant ce n’était rien encore,
D’autres fleurs s’ouvraient sous mes pas.
— Le bois de rouge se colore
Mais le beau temps ne revient pas.
 
D’autres fleurs s’ouvraient sous mes pas
J’ai teint de mon sang leurs épines.
— Mais le beau temps ne revient pas,
La sève descend aux racines.
 
J’ai teint de mon sang leurs épines.
Adieu, fleurs qu’on ne peut cueillir.
— La sève descend aux racines,
La nature va défaillir.
 
Adieu, fleurs qu’on ne peut cueillir :
Joie, amour, bonheur, espérance !
— La nature va défaillir
Dans une indicible souffrance.
 
Joie, amour, bonheur, espérance,
Que vous étiez beaux autrefois !
— Dans une indicible souffrance,
Faut-il que tout meure à la fois ?
 
Que vous étiez beaux autrefois,
Au clair soleil de la jeunesse !
— Faut-il que tout meure à la fois ?
Est-il sûr qu’un jour tout renaisse ?
 
Au clair soleil de la jeunesse,
Pauvre enfant d’été, moi, j’ai cru.
— Est-il sûr qu’un jour tout renaisse,
Après que tout a disparu ?
 
Pauvre enfant d’été, moi, j’ai cru !
Et tout manque où ma main s’appuie.
— Après que tout a disparu
Je regarde tomber la pluie.
 
Et tout manque où ma main s’appuie.
Hélas ! les beaux jours ne sont plus.
— Je regarde tomber la pluie...
Vraiment, j’ai vingt ans révolus.
 

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