Jean de Sponde



Mais si mon faible corps, qui comme l’eau s’écoule,
(Et s’affermit encor plus longtemps qu’un plus fort)
S’avance à tous moments vers le seuil de la mort,
Et que mal dessus mal dans le tombeau me roule,
 
Pourquoi tiendrai-je roide à ce vent qui saboule
Le Sablon de mes jours d’un invincible effort ?
Faut-il pas réveiller cette Âme qui s’endort,
De peur qu’avec le corps la Tempête la foule ?
 
Laisse dormir ce corps, mon Âme, et quant à toi
Veille, veille, et te tiens alerte à tout effroi,
Garde que ce Larron ne te trouve endormie :
 
Le point de sa venue est pour nous incertain,
Mais, mon Âme, il suffit que cet Auteur de Vie
Nous cache bien son temps, mais non pas son dessein.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 13 mai 2017 à 14h27

Licorne rose invisible
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Au parc de la licorne un long siècle s’écoule ;
Indolente, elle veille, et paisible, elle dort,
Sa vie n’est guère plus que ne serait la mort,
Le même jour toujours survient et se déroule.

Cet animal obscur se maintient, loin des foules,
Savourant les plaisirs qu’on obtient sans effort,
Laissant par le vitrail entrer le vent du Nord
Et dans le grand salon s’égarer quelques poules.

Licorne sans passion, qui suit une humble loi :
Veiller sans inquiétude et vivre sans effroi,
Et ne rien agiter dans cette âme endormie.

Il règne sur le parc un apaisant brouillard
Qui porte la fraîcheur aux plantes, ses amies,
Et leur narre un récit du Maître Chevillard.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Jadis le 26 avril 2021 à 14h52


On y songe souvent, tandis que l’eau s’écoule,
Marcher des deux côtés à la fois, c’est du sport ;
(Par ailleurs, le héron – qui n’est pas un condor –
S’il levait les deux pieds, se casserait la... goule.)

Ce Naurouze m’a fait presque perdre la boule
Car Nowrouz, en persan, c’est du printemps l’essor :
C’est le 21 mars, ou le 22 encor,
A Yazd, à Téhéran, et peut-être à Kaboule. (1)

On évoque, il est vrai, ces lieux avec émoi,
Que le banquier Riquet parcourut autrefois
Quand son char le traînait dans la plaine endormie. (2)

– Mais quousque tandem ce petit plaisantin
Va-t-il abutere et me pourrir la vie ?
– Je ne me gausse point, j’entonne le buccin.


(1) Licence poétique.
(2) Ce vers recèlerait-il encore quelque vanne calamiteuse ? Méfiance.

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Déposé par Cochonfucius le 6 novembre 2022 à 11h12

Héron bipède invisible
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Cet être est fugitif, ainsi que l’eau qui coule,
Jamais il ne fait voir la forme de son corps ;
On dit qu’il est cousin du Valet de la Mort
Et qu’il a pour amis les zombies et les goules.

Dans l’obscur inframonde il prend un bain de foule
Et boit un coup avec le démon Belphégor ;
Il mange des merguez et des côtes de porc,
La serveuse lui chante une chanson tamoule.

Dès sa petite enfance, il fut un hors-la-loi,
Aux anges du Seigneur il inspirait l’effroi ;
De toute bonne action fut son âme ennemie.

Il terrorise aussi les prophètes braillards,
Leur faisant réciter des poèmes paillards ;
Ils protestent en vain contre cette infamie.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 6 novembre 2022 à 11h39

Nouveau titre :

Élan bipède invisible
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