Jean de Sponde



 
Voulez-vous voir ce trait qui si roide s’élance
Dedans l’air qu’il poursuit au partir de la main ?
Il monte, il monte, il perd : mais hélas ! tout soudain
Il retombe, il retombe, et perd sa violence.
 
C’est le train de nos jours, c’est cette outrecuidance
Que ces Monstres de Terre allaitent de leur sein,
Qui baise ores des monts le sommet plus hautain,
Ores sur les rochers de ces vallons s’offense.
 
Voire, ce sont nos jours : quand tu seras monté
À ce point de hauteur, à ce point arrêté
Qui ne se peut forcer, il te faudra descendre.
 
Le trait est empenné, l’air qu’il va poursuivant
C’est le champ de l’orage : hé ! commence d’apprendre
Que ta vie est de Plume, et le monde de Vent.
 



Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 31 mai 2014 à 10h52

Exaltation fugitive
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Saisi d’inspiration, le rimailleur s’élance
En son jardin de vers, et, de sa blanche main,
Une nouvelle feuille il emplit, tout soudain,
Sans faire à son esprit la moindre violence.

Il écrit, sans lourdeur et sans outrecuidance,
Ce que font les oiseaux dans son petit jardin,
Ce que voit l’escargot traçant son lent chemin
Et comment l’araignée prend ses proies sans défense.

Sur un cheval épique, il n’est jamais monté ;
Si ça s’était produit, il l’aurait arrêté,
Déclarant poliment « Pardon ! Je dois descendre. »

Mais les petits accords qu’il s’en va poursuivant
Sont pour lui, chaque jour, une occasion d’apprendre ;
Sous le regard du chat, sous la dictée du vent.

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Déposé par Cochonfucius le 20 janvier 2025 à 13h48

Apprenante
-----

Dans des lectures je me lance,
Je veux m’instruire, c’est humain ;
Je lis ce que j’ai sous  la main,
Sur fond de bienfaisant silence.

La nuit je m’isole et je pense,
Je vais sur de nouveaux terrains  ;
Le flou, jamais je ne le crains,
Il a des airs de récompense.

J’aime les rêves enchantés ;
J’aime  les monstres inventés,
Surtout s’ils ont un regard tendre

Je cherche, et je vais de l’avant,
Guettant, une occasion d’apprendre ;
Même sous la dictée du vent.

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