Paul-Jean Toulet

[Vers inédits]


À un absent


 
Si les enfants savaient ils n’aimeraient pas vivre,
Voyageurs inquiets qui doutent du vaisseau,
Et s’ils doivent encor s’embarquer et poursuivre,
Braver le ciel changeant, la mer et leur assaut.
 
Je ne sais quel espoir les flatte et les enivre,
Ni quels anges menteurs entourent leur berceau,
Dérobant à leurs yeux l’inéluctable livre,
Le livre amer des jours, fermé d’un triple sceau.
 
Vous, dont un pays tiède abrite la jeunesse,
Vous ignorez encor le doute et la tristesse,
Satisfait de grandir sous un ciel indulgent.
 
Un jour, vous connaîtrez l’Europe aux froides bises,
La vieille Europe où l’homme entend couler le temps,
La vieille, triste, morne Europe aux heures grises.
 

1889.

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 23 avril 2016 à 11h31

Buisson de sinople
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Ce buisson de sinople au désert peut survivre ;
La sève est pourtant rare au creux de ses vaisseaux.
Dans la nuit, on entend les démons se poursuivre,
Jamais, à cette plante, ils ne donnent l’assaut.

Loin du val qui fleurit et que l’averse enivre,
Cet arbuste a choisi le sable pour berceau.
L’herboriste Linné le raconte en un livre
Où quelques rois du monde ont apposé leur sceau.

Le vent sec lui conserve une belle jeunesse,
Il voit venir le soir sans crainte ni tristesse ;
Il pense que pour lui, le ciel fut indulgent.

Il aime savourer le parfum de la brise.
Il est bien accroché, par sa racine grise,
Aux profondeurs du sol, à l’espace, et au temps.

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Déposé par Jadis le 22 décembre 2024 à 08h08


Exposant nonchalant de quelque Foire aux Livres,
J’avisai, devant moi, ce grêle jouvenceau ;
Il ne pesait pas plus de quatre-vingt-dix livres :
C’était à Bourg-la-Reine, ou bien peut-être à Sceaux.

Les jeunes d’aujourd’hui manquent de savoir-vivre.
Bien heureux que, tout en nous qualifiant de sots,
Ils veuillent nous laisser encore un peu survivre !
Celui-là, posément, siffla mon curaçao.

Dans ces cas-là, je ne fais pas dans la finesse :
Je le rétribuai d’un coup de pied aux fesses,
Le guidant au-dehors d’un index diligent.

Mais que ce freluquet me pique ma valise
Pleine jusqu’à ras bord d’illustrés dégoûtants,
Je le brise, le broie, et je le pulvérise.

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