Ô Lune qu’adoraient discrètement nos pères, Du haut des pays bleus où, radieux sérail, Les astres vont te suivre en pimpant attirail, Ma vieille Cynthia, lampe de nos repaires, [...]
Vous avez empoigné les crins de la Déesse Avec un tel poignet, qu’on vous eût pris, à voir Et cet air de maîtrise et ce beau nonchaloir, Pour un jeune ruffian terrassant sa maîtresse. [...]
Tous imberbes alors, sur les vieux bancs de chêne Plus polis et luisants que des anneaux de chaîne, Que, jour à jour, la peau des hommes a fourbis, Nous traînions tristement nos ennuis, accroupis Et voûtés sous le ciel carré des solitudes, [...]
Vous ignorez, silphyde au jarret triomphant,
Que l’aspect permanent de vos pâles ténèbres,
À mes yeux agrandis voltige incessamment.
L’Érèbe les eût pris pour ses courriers funèbres,
Et mon esprit, toujours du vertige hanté,
Mesure d’un regard que la terreur enflamme
Le pauvre, le méchant, le tortu, l’hébété,
Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de mon âme,
Ne te verrais-je plus que dans l’éternité ?
Je voudrais qu’exhalant l’odeur de la santé
L’âme d’un vieux poête erre dans la gouttière...
Comme un enfant de coeur, jouer de l’encensoir,
C’est le but de la vie, et c’est le seul espoir,
Pour faire épanouir la rate du vulgaire.