Paul Claudel(1868-1955) Recueil complet1907 : Connaissance de l'Est Tous ses poèmes disponiblesPoèmes par ordre alphabétiqueA B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V
Le Banyan
La Cloche Le Cocotier
La Dérivation La Descente
Fête des morts le septième mois Le Fleuve
Le Jour de la fête-de-tous-les-fleuves
Le Pin La Pluie Le Point Le Porc Le Promeneur
Le Riz
Le Sédentaire La Source
La Tombe
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Et je salue de nouveau cette terre pareille à celles de Gessen et de Chanaan. Cette nuit, notre navire à l’entrée du fleuve ballotté dans le clair-de-lune couleur de froment, quel signe bien bas au-delà de la mer m’a fait le feu des « Chiens », veilleur d’or au pied du pan d’astres, splendeur lampante à l’horizon du Globe. Mais, des eaux faciles nous ayant introduits au sein de la région, je débarque, et sur ma route je vois au-dessous de moi se répéter au cœur des champs l’image du rond soleil, rubiconde dans le riz vert. [...]
Quand je quittai Yeddo, le grand soleil flamboyait dans l’air net ; à la fin de l’après-midi, arrivant à la jonction d’Utsonomiya, je vois que la nue offusque tout le couchant. Faite de grands cumulus amalgamés, elle présente cet aspect volumineux et chaotique qu’arrange parfois le soir, alors qu’un éclairage bas, comme un feu voilé de rampe, porte les ombres sur le champ nébuleux et accuse à rebours les reliefs. Sur le quai à cette minute assoupie et longtemps dans le train qui m’emporte vers l’Ouest, je suis le spectateur de la diminution du jour conjointe à l’épaississement graduel de la nue. J’ai d’un coup d’œil embrassé la disposition de la contrée. Au fond profondément d’obscures forêts et le repli de lourdes montagnes ; au-devant des banquettes détachées qui l’une derrière l’autre barrent la route comme des écrans espacés et parallèles. La terre, telle que les tranchées que nous suivons en montrent les couches, est d’abord un mince humus noir comme du charbon, puis du sable jaune, et enfin l’argile, rouge de soufre ou de cinabre. L’Averne devant nous s’ouvre et se déploie. Ce sol brûlé, ce ciel bas, cette amère clôture de volcans et de sapins, ne correspondent-ils pas à ce fond noir et nul sur lequel se lèvent les visions des songes ? Ainsi, avec une sagesse royale, l’antique shogun Ieyasu choisit ce lieu pour en superposer à l’ombre qu’il réintègre les ombrages, et, par la dissolution de son silence dans leur opacité, opérer la métamorphose du mort dans un dieu, selon l’association d’un temple à la sépulture. [...]
Toute porte carrée ouvre moins que ne clôt le vantail qui l’implique. Plusieurs, d’un pas occulte, ont gagné le solitaire Yamen et cette cour qu’emplit un grand silence ; mais si, ayant gravi les degrés, au moment que leur main suspend un coup sur le tambour offert au visiteur ayant perçu comme une voix assombrie par la distance leur nom (car l’épouse ou le fils de toutes ses forces crie dans l’oreille gauche du mort), ils vainquent une fatale langueur jusqu’à s’éloigner d’un et deux pas des battants que disjoint la désirable fissure, l’âme retrouve son corps ; mais nulle mélodie d’un nom ne ramènera celui qui au travers du seuil sourd a fait le pas irréparable. Et tel est sans doute le lieu que j’habite, alors que, posé sur la dalle plate où cette sombre mare me contient dans son cadre baroque, je goûte l’oubli et le secret du taciturne jardin. [...] |
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